Maître Monferrier DORVAL était l’objet de nombreuses menaces, selon des organisations de droits humains qui exigent l’ouverture d’une enquête judiciaire

By | September 2, 2020
Maître Monferrier DORVAL était l'objet de nombreuses menaces, selon des organisations de droits humains qui exigent l’ouverture d’une enquête judiciaire
Maître Monferrier DORVAL était l’objet de nombreuses menaces, selon des organisations de droits humains qui exigent l’ouverture d’une enquête judiciaire

Dans une note de presse conjointe publiée ce lundi 31 août 2020, plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé leur consternation et indignation suite à l’assassinat par balle du Bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Maître Monferrier DORVAL, dans la soirée du vendredi 28 août 2020 et exigent l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ce dossier.

Dans cette note, signée par le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), la Commission Episcopale Nationale –Justice et Paix (CE-JILAP), le Centre de Recherche et de Formation Economique et Sociale pour le Développement (CRESFED), le Programme pour une Alternative de Justice(PAJ), le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), et le Sant Karl Lévêque (SKL), ces organisations de défense des droits humains ont exprimé leur consternation et indignation suite à l’assassinat par balle de Maître Monferrier DORVAL précisant que cet acte criminel sordide a été perpétré à un moment où le pays fait face à une hausse vertigineuse de la criminalité, soutenue par le pouvoir en place et affectant toutes les couches sociales du pays. 

« Selon les informations qui circulent, des pressions avaient été exercées sur le Bâtonnier pour le porter à participer à de nombreuses démarches initiées par le Président de la République, notamment celles d’amender la Constitution, de désigner un représentant de la Fédération des Barreaux d’Haïti (FBH) au sein du Conseil Electoral Provisoire (CEP) en formation et de soutenir publiquement, le décret relatif au nouveau code pénal, ce qu’il a refusé. Le Bâtonnier était l’objet de menaces, selon le secrétaire général de l’ordre», ont rapporté les organisations de défense des droits humains.

Les signataires de la présente note ont exigé plus loin que lumière soit faite non seulement sur les mobiles de cet assassinat crapuleux, compte tenu de ces inquiétantes rumeurs et informations, mais aussi sur les circonstances, «car les conditions étaient favorablement réunies : déplacement du point fixe de la PNH régulièrement en poste à l’entrée de Pèlerin 5,
coupure du courant électrique quelques minutes avant, lancement de feux d’artifice…»

Présentant leurs sympathies à la famille DORVAL, à toute la communauté de la Basoche et à toute la société haïtienne, les organisations signataires invitent tous les citoyens et citoyennes de toutes les couches sociales à se mobiliser afin de freiner cette machine criminelle soutenue, selon eux, par le pouvoir en place et d’exiger que justice soit rendue à la société haïtienne, qui depuis l’avènement de l’administration Jovenel Moïse, ne fait, disent-elles, que compter les cadavres de ses fils et filles. 

En outre, les signataires exigent que tous les auteurs et co-auteurs, quelle que soit leur appartenance sociale, politique ou économique, soient identifiés et jugés avec la dernière rigueur.

Par Kervens Adam PAUL